20/20 Miss Outlet avec Idriss El Mehdi Bennani

De passage au Maroc pour une belle tournée musicale, l’ex pianiste de Calogero qui est aussi chanteur, compositeur et musicien accompli, a joué quelques notes pour Miss Peoplette le temps d’une interview et on lui donne 20/20 ! Votre rendez-vous avec Idriss El Mehdi Bennani, c’est tout de suite, sur Miss Outlet…
1/20. Thé ou café ?

IMB : Café le matin et thé l’après-midi. Dans ma période "yoga", je carburais au thé sans théine.

2/20. Ville ou campagne ?

IMB : Ville par nécessité mais campagne de cœur.

3/20. Ta couleur préférée ?

IMB : Bleu.

4/20. Films ou séries ?

IMB : Plutôt films.

5/20 : Un film qui t’as marqué ?

IMB : dans mon enfance, Stars Wars.

6/20. Si tu étais une ville ?

IMB : pourquoi pas Séville ?

7/20. Si tu étais un instrument ?

IMB : Un ney !

8/20. Si tu étais une chanson ?

IMB : Blowin In The Wind de Bob Dylan.

9/20. Ton style vestimentaire ?

IMB : Plutôt casual.

10/20.Ton parfum du moment ?

IMB : Visit d’Azarro. C’est mon parfum, il l’a fait pour moi ! (Rires)

11/20.Ton style de femmes ?

IMB : Plutôt méditerranéennes.

12/20.Comment est née ton envie de devenir musicien ?

IMB : Quand j’étais jeune, ma mère faisait du piano et comme il était là, dans la maison, j’ai commencé à pianoter très vite ! (Sourire). Dès l’âge de 14 ans, j’ai su que j’allais en faire mon métier… A 11 ans j’ai pris mes premiers cours à Casa avec une adorable petite mamie, Caroline Deckiard. Par la suite, j’ai continué tout seul entre 14 et 18 ans, tout en jouant avec les musiciens sur la place de Casablanca. J’ai monté quelques groupes comme « Plaid Swine Jello » et mon bac en poche, je suis parti en France pour continuer l’apprentissage de la musique ! Et c’est à Paris que tout a commencé…

13/20. A Paris, tu as suivi une formation ?

IMB : Oui, j’ai eu la chance d’intégrer l’American School of Modern Music. Mais ça ne s’est pas fait tout de suite. Mes parents ont insisté pour que je fasse des études "sérieuses", ce que j’ai essayé de faire en intégrant une école de commerce. Mais malgré mon passage en seconde année, j’ai lâché ce circuit convaincu que je devais rester dans la musique… l’année d’après, je trouvais un travail à mi-temps et m’inscrivais en école de musique ! (Sourire)

14/20 : Comment définirais-tu ton style de musique ?

IMB : J’ai plusieurs styles en fait, ou plusieurs formules pour être plus précis. Il y a le Jazz avec les grands standards et le jazz-orientale avec des compositions originales. Et je défends surtout un autre groupe à Paris "Idriss El Mehdi & The Bladi Band" dont le style est plus urbain, une sorte d’afro-folk-blues pop-rock qui tourne autour de mon Gambri*, de guitares folks et de slide dobro *….

15/20. Comment est venu le choix du Gambri justement ?

IMB : J’étais de passage au Maroc, à Marrakech en 1997, lors d’une soirée, je rencontre Mahmoud Guinia (Maître de la musique Gnawi), et je tombe littéralement amoureux de sa musique, de son univers musical. Quelques jours après, sur invitation de son beau-frère Si Mohammed, je suis reçu par la confrérie dans la " Zaouia de Sidna Boulal * " où on a l’occasion de mieux se connaître et de partager des moments musicaux ensemble. Comme je participais au marathon des sables avec mon groupe de l’époque " Mehdi Bennani Quartet ", j’ai proposé qu’on fasse une fusion. C’était une soirée magnifique ! Et je suis repartit avec son gambri qu’il m’a offert symboliquement, comme un signe de transmission et de reconnaissance… (Sourire). J’ai appris à en jouer seul pendant 2 ans, le temps d’acquérir une certaine technique et j’ai très vite commencé à composer avec. Un travail qui m’a pris plusieurs années, puisque je ne savais pas encore si je devais chanter ou pas…Le Gambri m’a donné cette envie ! J’ai donc commencé à chanter en français. Cela me paraissait original - n’en déplaise à certains puristes - et logique puisque vivant en France… puis ensuite, j’ai naturellement dérivé vers l’anglais pour donner une couleur internationale et un son plus afro-américain.

16/20.Tu as fait 10 ans avec Calogero. C’est venu comment et quel est le secret de tant d’années de fidélité ?

IMB : Un ami m’a parlé d’une audition, un jeune chanteur français à l’époque sortait son premier album solo et cherchait des musiciens. Je ne connaissais pas du tout Calogero, et encore moins le chanteur des "Charts", groupe d’adolescents qui a eu un certain succès quelques années auparavant. Je passe donc l’audition, je suis pris et je deviens pendant près de 10 ans " le pianiste de "… j’enregistre ses albums, fais toutes ses tournées, tous les Zénith de France… une très belle expérience professionnelle qui malheureusement s’est achevée par une grande déception humaine.

17/20. Tu es actuellement en tournée au Maroc, en trio Jazz et notamment au Bistrot du Pietri, à Rabat. Est-ce que c’est ta première fois au Maroc ?

IMB : Non sûrement pas. Mes premières fois étaient dans les années 80 avant même peut être que tu viennes au monde (rire). Depuis mon " exil " en France, j’ai été invité à jouer dans quelques festivals tels qu’Essaouira, Dakhla, Tanjazz et Jazz aux Oudayas. Mais à bien y penser, je n’en ai pas fait autant que j’aurais voulu... Il faut dire, que ça fait plus de 20 ans que j’habite en France. J’ai construit quelque chose là bas, j’ai constamment des propositions et le temps passe vite… (Sourire). J’ai bien sur toujours l’envie de me produire au Maroc, bien que je sois conscient qu’il y a de plus en plus de groupes locaux de qualité qui se démènent pour être programmés dans les Festivals du pays ! Chaque chose en son temps on va dire.

Je profite de cette question pour remercier de tout cœur Le Pietri de m’avoir donné l’occasion de me produire au pays, ainsi qu’un spécial Thanx à Majid Bekkas qui est à l’origine de cette rencontre.

18/20. As-tu des projets pour ici ?

IMB : J’attends le feedback de cette expérience musicale à Rabat et puis on verra pour la suite ! (Sourire). L’idéal serait pour moi de rencontrer de vrais professionnels sur place avec qui je pourrai entamer un travail sur le long terme au pays. A court terme, j’aimerais beaucoup faire le Festival de Chellah l’année prochaine et venir défendre mon album ici !

19/20. Est-ce qu’il y a une scène qui t’as marqué ?

IMB : Bercy sans hésiter. C’est une scène magique ! Un de mes plus beaux souvenirs auprès de Mr Calogero.

20/20. Ton actu ?

Je finalise en ce moment mon prochain EP " No Problem " avec en guest une légende vivante de la batterie afro-beat, Sir Tony Allen.

Nous avons aussi commencé, lui et moi, à réfléchir à une collaboration pour un album commun où la batterie afro-beat et le Gambri seraient à l’honneur. Il connaît bien la musique Gnawa et aime bien l’approche moderne que j’ai du Gambri… Une belle histoire qui commence inchallah ! (Rires)

IMB fan page : http://www.myspace.com/idrisselmehdi

Gambri * : mini mondoline marocaine dont la caisse de résonance est une carapace de tortue.

Slide dobro * : types de guitares.

Zaouia de Sidna Boulal * : confrérie Sidna Boulal.

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